TITRE:
Le revers de la médaille
16 janvier - 20h30
Serena ©Greg Bréhin
Serena, c’est une conférence sur Serena Williams, la championne de tennis, tenue par un jeune trentenaire qui, la première fois qu’il l’a vue jouer, à l’âge de douze ans, a été atteint du syndrome de Stendhal : quand, en juin 2002, sur la terre battue de Roland-Garros, la joueuse américaine balaie sa soeur Venus en finale, l’adolescent fond en larmes devant son poste de télévision, bouleversé par une émotion intense, touché de plein fouet par le sublime...
Serena, c’est donc une conférence sur Serena Williams, sur sa progression jalonnée de victoires, d’échecs et de doutes dans l’implacable compétition internationale, sur sa personnalité hors normes et sur l’emblème antiraciste qu’elle est devenue aujourd’hui ; mais c’est aussi le portrait du conférencier lui-même puisque, entre deux images d’archives, cet admirateur éperdu ne pourra pas s’empêcher de se demander pourquoi cette femme-là le fascine autant et qu’il ira piocher dans ses souvenirs de marmot frêle et désoeuvré, traînant dans sa campagne profonde, deux ou trois éléments de réponse...
Serena, c’est donc bien plus qu’une conférence sur Serena Williams : c’est d’abord le témoignage à la fois drôle et bouleversant d’un homme qui s’est construit personnellement et intimement à l’ombre de cette figure tutélaire (un homme qui n’est autre que le metteur en scène lui-même) ; et c’est aussi la conversion de ce mythe des courts en mythe tout court - Serena Williams devenant, au fur et à mesure de son évocation sur le plateau, l’homologue d’une Phèdre, d’une Antigone ou d’une Iphigénie. En conclusion, Serena n’est pas du tout une conférence sur Serena Williams, mais c’est bien du théâtre...